Systémique



L’outil d’intelligibilité qui va nous servir à travers toute notre démarche s’appelle systémique. A ne pas confondre avec ‘systématique’ qui est pratiquement son contraire. L’espace de l’humain peut en effet être considéré comme systémique à l’image de n’importe quel système organique vivant. Il fonctionne selon le paradigme de tout ‘système’ doué d’une entrée, d’une sortie et d’une fonction, en interaction avec d’autres systèmes englobés ou englobants. Avec des frontières qui marquent vitalement la différence entre un ‘dedans’ et un ‘dehors’, entre une ‘clôture’ et une ‘ouverture’.

L’approche systémique ne porte pas sur les contenus mais sur le
contenant, à savoir un espace dynamique avec ses entrées et ses sorties.

Cette approche est d’une extraordinaire fécondité parce qu’on peut comprendre le
tout sans nécessairement comprendre les éléments de ce tout. On peut donc mettre entre parenthèses les ‘contenus’. C’est le ‘contenant’ qui donne l’intelligibilité. Ici l’intelligence du tout précède et conditionne celle de la partie. Ici l’intelligence de l’englobant précède et conditionne celle de l’englobé.

Le système en lui-même avec son fonctionnement interne et toute la complexité de ses articulations peut, en effet, être considéré comme une
‘boîte noire’ dont il suffit de connaître avec précision la fonction, les entrées et les sorties. A chaque niveau systémique, il y a une entrée et une sortie en liaison interactive avec les entrées et les sorties des autres systèmes, englobés et englobants, pour l’incessant échange des flux d’alimentation, d’élimination, d’information, de régulation, de programmation...

Cette essentielle
ouverture ne se nie que sous peine de mort. Un système peut certes fonctionner en clôture. Mais seulement pour un temps. Toute autonomie est ici fonction de réserves disponibles. Un système ne peut se fermer que s’il a des réservoirs garnis et des possibilités de recyclage interne de ses déchets.


Principales caractéristiques de l’approche systémique

Loin d'être réduite, la complexité est conservée.
Intégration par différenciation plutôt que par identification.
Prédilection pour les systèmes complexes ouverts.
Approche holistique.
Refus de s’occuper d’une seule variable à la fois.
Prise en compte des ensembles de variables simultanément.
La partie n’est pas isolable mais joue en interaction avec le tout.
Ce ne sont pas les parties qui expliquent le tout.
C’est le tout qui explique les parties.
Compréhension pluridisciplinaire
Les buts sont plus importants que les détails.
La fonction l’emporte sur la structure.
Les flux sont plus essentiels que les forces.
Les effets sont plus pertinents que les interactions.
L’équilibre dynamique prime sur la stabilité statique.
Importance des entrées et des sorties avec leurs vannes.
Insistance sur le flux des informations.
Primat de l’énergie de commande sur l’énergie de puissance.
Le temps est plus important que l’espace.
La causalité n’est pas linéaire mais circulaire.
Réciprocité circulaire des échanges.
Place pour l’indéterminisme et même le désordre.
Absence de peur devant l’imprévisible.
Place pour le non-reproductible et l’irréversible.
Importance des différences et des conflits.