Dynamique systémique



Un système vivant est un ‘tout-qui-se-tient-ensemble’, donc aussi une ‘structure’. Mais une ‘structure’ qui ne peut fonctionner qu’en étant essentiellement ouverte sur des échanges. Elle ne survit qu’avec portes et fenêtres. C’est-à-dire avec des entrées et des sorties.

Les grandes entrées et les grandes sorties, celles qui ‘branchent’ un système sur ses flux vitaux d’énergie, de matière et d’information, peuvent s’appeler ‘source chaude’ et ‘puits froid’. Un système n’est vivant que s’il existe entre source chaude et puits froid une
différence de potentiel. Sans lui, rien ne ‘tourne’.

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A l’exception de l’ultime plus grand système absolu et du plus petit système imaginable, tous les systèmes sont
à la fois englobés et englobants. Laissons ouverte, pour le moment, la question de l’absolu plus grand et de l’absolu plus petit système de la totalité de l’univers. Considérons n’importe quel système. Il se situe toujours dans un très complexe réseau d’emboîtements.

Les différents systèmes s’emboîtent, chaque fois intégrés dans un système plus englobant et, à leur tour, englobant un sub-système en leur dépendance. Chaque système accapare des flux positifs et rejette des flux négatifs, et cela dans l’espace de son système englobant. Un système englobé ne survit et a fortiori ne grandit que si son solde énergétique global est positif. Cela ne peut se faire qu’au détriment de son système englobant. Celui-ci, à son tour, ne survit que sur le compte du système qui l’englobe lui-même. Et ainsi de suite.

 

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Paradigme de l’écosystème biologique

Entre source chaude de l’énergie résiduelle du ‘Big Bang’ et puits froid du ‘Fond Noir’ de l’espace, il y a une différence de potentiel. Et cette différence de potentiel fait fonctionner l’écosystème. A l’entrée il y a l’énergie reçue (soleil, gravité, énergie interne du globe). A la sortie il y a l’énergie dégradée en chaleur irrécupérable. Entre les deux, l’énergie utilisée. Les processus géologiques, biologiques et climatologiques fonctionnent dans l’interaction systémique de l’atmosphère, de l’hydrosphère, de la lithosphère et de la biosphère.

Le flux d’énergie est irréversible mais inépuisable. Par contre, les éléments chimiques sont en nombre fini et leur recyclage est limité par le temps.

Le recyclage est la base du fonctionnement de l’écosystème et de la régulation de son équilibre. Grâce à ce principe d’économie une quantité finie de matière est destinée à un renouvellement indéfini et à une créativité sans fin. En d’autres termes, l’écosystème s’interdit toute ‘folie’.

N’est-il pas remarquable, par exemple, comment se répartit cette ‘économie’ entre les différentes sortes de vivants que sont les producteurs, les consommateurs et les décomposeurs ? Les producteurs fabriquent de la matière vivante grâce à la photosynthèse (énergie radiante du soleil + CO2). Ils fournissent aliments et oxygène aux consommateurs et en reçoivent des éléments minéraux et du CO2.

Les consommateurs – au premier degré, c’est-à-dire les herbivores et au second degré, c’est-à-dire les carnivores – vivent par oxydation des produits des producteurs et dégagent de la chaleur irrécupérable.

Les décomposeurs sont des micro-organismes au rôle écologique essentiel; ce sont en effet eux qui recyclent les éléments minéraux des déchets aussi bien des consommateurs que des producteurs, pour les rendre aux producteurs.

Les boucles se bouclent en bouclant la grande boucle de la production-consommation de matière vivante...

L’énergie est utilisée jusqu’à la dernière ‘miette’. De la matière élaborée rien n’est perdu !