Nous risquons de perdre le sens



Il n’a jamais existé une civilisation aussi riche en productions culturelles que la nôtre. Une prolifération de sens ‘constitué’. Il lui manque le sens ‘constituant’.


Le sens qui donne sens

Le sens qui proteste contre l’absurde.
Le sens qui résiste au non-sens.
Le sens qui ouvre les horizons.
Le sens qui met en perspective.
Le sens qui rassemble ce qui est dispersé et disperse ce qui s’agglutine.
Le sens qui libère les ‘pourquoi ?’ de l’angoisse.
Le sens qui affecte d’un ‘plus’ le verbe être.
Le sens qui crève les cercles vicieux.
Le sens qui fait que les raisons se tiennent et s’entretiennent.
Le sens qui lit entre les lignes. Le sens qui met en transparence.
Le sens qui ne perd pas l’humour.

Le sens est plus fragile que l’air. Et plus vulnérable. Enfermé, il ne peut que se vicier très vite. Enfermés dans la ‘bulle’ de notre immanence, nous sommes ainsi condamnés à ne respirer que l’air pollué de nos propres expirations.

Ne risquons-nous pas de perdre le sens au point de nous complaire dans le sens insensé ?