Le dedans et le dehors


Il faut encore revenir à l’allégorie de la caverne. Nos réflexes renvoient les cavernes du côté de la préhistoire. Nous en venons à oublier les nôtres. Ne cultivons-nous pas aujourd’hui l’illusion d’un espace ‘infini’ dont un au-delà de l’horizon devient impensable ? Impensable et donc impossible selon la logique de notre modernité qui ne peut pas ne pas identifier possible et pensable. Un espace, donc, qui s’illusionne sur son ‘infini’. Et c’est dans cet espace que se boucle en clôture un monde noué sur le même. Sans l’Autre.


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Le prisonnier ne saurait jamais rien de sa condition carcérale si la simple idée d’un dehors ne lui venait. C’est avec le soupçon d’un
dehors que le dedans se met à rétrécir et que l’espace commence à sentir le renfermé. En même temps naît le rêve de l’évasion. Pourquoi, aujourd’hui, ne sommes-nous pas assez à trouver que cela sent de plus en plus mauvais ? Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à vouloir prendre le large ?