Sens et Personne


Ce n’est pas la ‘nature’ qui dote l’humain de son sens existentiel mais la liberté. Selon la ‘nature’, en effet, l’homme n’est qu’un animal livré à la biologie. La ‘nature’ n’a ni compréhension ni respect pour les valeurs spécifiquement humaines qui restent proprement ‘contre-nature’. La sainteté, par exemple, ou l’exigence morale.

La nature, pourtant, n’est pas non-sens. Regardez simplement avec quelle ingéniosité elle ‘fonctionne’. Produire et reproduire un maximum de variété d’êtres vivants selon chaque espèce. Livrer ce foisonnement à la compétition du ‘struggle for life’, pour se nourrir, pour s’accoupler, pour se défendre. Sans craindre le gaspillage. Sacrifiant une prolifération d’individus à l’épanouissement de l’espèce. Laissant toutes les chances au biologiquement ‘supérieur’.


Rupture

Le spécifique humain n’est donc pas en continuité. Il est en rupture. Essentiellement sous les espèces de la
personne. Ce n’est pas le ‘on’ mais la ‘personne’ qui dote l’humain de son sens existentiel. Celui-ci ne peut venir que d’une liberté personnelle. C’est là que s’opère la décision de l’humain.

Seule la personne est créatrice de sens. Source chaude du sens de l’humain. Pour elle-même. Et en dialogue, pour tous.

En dialogue... C’est dans la
rencontre interpersonnelle que le sens se donne en plénitude. Très existentiellement. Très concrètement. Soigner l’enfant malade. Aimer. Etre aimé. Etre en communion. Créer des liens. Se sentir utile. Pardonner. S’accorder. Se réconcilier.

Le dévouement de Mère Thérésa, par exemple, ne
donne-t-il pas plus de sens que toutes les philosophies du monde ?