Pourquoi les civilisations meurent-elles ?



La raison n’est pas différente de celle qui préside à la mort de n’importe quel système vivant. Elle s’énonce de façon très simple. Un vivant meurt lorsqu’il se ferme et, en se fermant, succombe à son entropie.

Les raisons profondes sont à chercher du côté de l’entropie et de la néguentropie. Le paradigme thermodynamique ne cesse d'être lumière. La vitalité ou les renaissances impliquent haute énergie spirituelle et grande dynamique néguentropique. Les déclins prennent la pente en sens inverse.

La clôture moderne, en bouclant la totalité du sens en immanence et en faisant de l’homme schizoïde le créateur absolu du sens absolu, s’était donné l’
illusion d’une infinie ‘ouverture’. Comme si le mythe de la ‘lucidité’ était le plus aveuglant de tous ! En fait, c’est en clôture qu’elle fonctionne. Et cet enfermement lui coupe radicalement toutes les chances de survie. C’est-à-dire toutes les chances de la néguentropie. Inexorablement l’entropie gagne... C’est-à-dire la mort.

Mais, de fait, est-elle complètement close sur elle-même ? Les prophètes d’un ‘ailleurs’ n’ont-ils plus aucune chance ? Et s’il y avait quand même aux creux de nos clôtures de subreptices ouvertures. Ces ‘ressources d’espérance’ que nous avons déjà évoquées. La clôture et son entropie ne peuvent que susciter la désespérance. L’espérance, elle, est fille de l’
ouvert.