A la source de toi-même



Tant que l'homme ne revient pas à l'état de pureté qui était le sien lorsqu'il coula de sa source originaire, pour passer de ce qu'il était avant sa création vers son état de créature, jamais il ne rentrera en Dieu. (44)


L'homme arrive alors à sentir Dieu, non pas à la façon des sens et de la raison, ou bien encore comme quelque chose qu'on entend ou qu'on lit et qui entre en vous par les sens, mais il le goûte.
Il en jouit comme de quelque chose qui jaillit du fond, comme de sa propre source, comme d'une fontaine... (13)


Tant qu'ils demeureront dans les
citernes qu'ils se sont creusées eux-mêmes, ils délaisseront la fontaine d'eau vive. (18)


Tout leur vient du dehors, par l'oreille ou par les autres sens, sous forme d'images. Mais à l'intérieur,
dans le fond, où cela devrait sourdre et jaillir, là, il n'y a rien. Rien de rien. (18)


Ils s'en tiennent à leurs citernes qu'ils se sont creusées à eux-mêmes. Ils n'ont pas le goût de Dieu. Aussi
ne boivent-ils pas à la source vive. (18)


Ce qui a été apporté dans ces citernes se corrompt, se met à sentir mauvais et se dessèche. Voilà ce qu'il en est de ces pratiques personnelles et sensibles. Et il ne reste alors, dans le fond, qu'orgueil, esprit propre, opiniâtreté, dureté de jugement, de parole ou de conduite, blâme du prochain... (18)


Allons donc! Vraies citernes que vous êtes! La fontaine d'eau vive aurait-elle jailli en vous, jamais on n'aurait trouvé chez vous une telle acception de personnes mais toujours une charité égale, vraie, divine, jaillissant du fond. Il n'y aurait alors ni mépris, ni blâme, ni sévérité de jugement, ni dureté de cœur.
Toute cette corruption fermente dans les citernes. (18)