‘Gemüt’



L'esprit de l'homme est appelé de différents noms selon ses différentes sortes d'activité et ses différents aspects. Parfois l'esprit s'appelle ‘âme’ en tant qu'il vivifie le corps, et ainsi entendu il est en chacun de nos membres, leur donnant vie et mouvement. Parfois on l'appelle ‘esprit’. En tant qu'il a une parenté très étroite avec Dieu, cela dépasse toute mesure; car Dieu est esprit et l'âme est esprit... Enfin, l'âme s'appelle aussi "mens". (70)


L'âme porte encore le non de ‘
gemüt’. Le ‘gemüt’ est une chose délicieuse. En lui sont rassemblées toutes les facultés: la raison, la volonté... mais il leur est lui-même supérieur. Il a quelque chose de plus. Il est une réalité intérieure, essentielle, au-dessus de l'activité des facultés. (70)


Qu'est le ‘gemüt’? Il est bien plus élevé et beaucoup plus intérieur que les facultés.
C'est, en effet, du ‘gemüt’ que les facultés reçoivent leur puissance d'action. Elles sont en lui; elles sont sorties de lui; pourtant il leur est immensément supérieur à toutes. Il est tout à fait simple, essentiel, formel. (53)


Le ‘gemüt’ de l'âme est si noble qu'il est continuellement actif, pendant le sommeil comme pendant la veille, que nous en ayons conscience ou non, et qu'il a, faisant retour vers Dieu, une
perpétuelle et éternelle inclination déiforme. (53)


Le ‘gemüt’, le fond, s'enracine comme une plante dans l'âme avec un tropisme éternel et une
force d'attraction vers l'intérieur d'elle-même. (53)


Le ‘gemüt’, le fond, a une
éternelle et foncière inclination à revenir à son origine. Cette inclination ne s'éteint jamais, même en enfer. Et c'est la plus grande souffrance des damnés que cela leur soit éternellement refusé. (53)


Le ‘gemüt’
donne sa mesure à tout le reste. C'est lui qui donne sa forme, sa pesanteur, son poids. Il pénètre tout de sa vertu: habitus mentis. (53)


Si tu es possédé par Dieu,
aucune créature ne saurait faire dériver ni chavirer ta petite barque, ton ‘gemüt’. (41)


C'est dans ce ‘gemüt’ qu'on doit se renouveler en se replongeant continuellement dans le fond, en se tournant bien en face de Dieu, sans aucun intermédiaire, avec une intention soutenue et une charité agissante. (70)


Avec la rapidité d'un éclair, tourne-toi vers l'intérieur,
mobilisant tout ton 'gemüt'. Si l'Innommé se présente dans l'âme, tout ce qui a un nom dans l'Innommé, en Dieu, se présente avec lui. Car en cet Innommé est inclus tout ce qui a un nom. (74)


Les disciples entrèrent aussi dans le cénacle. Cénacle signifie: salle de festin. Et la cène est le repas du soir. Après le souper il n'y a plus d'autre repas ni, à vrai dire, de travail, mais c'est le repos. C'est ainsi que
le ‘gemüt’ et les facultés doivent se reposer et mettre essentiellement et réellement le terme de leur activité en celui dans lequel toutes choses ont leur fin et en qui l'on ne trouve plus ni contrariété ni peine. (22)


L'Evangile parle d'une bonne mesure.
Cette mesure est le ‘gemüt’ de l'homme. C'est lui qu'on mesure. C'est cette mesure qui servira à déterminer dans quelle mesure Dieu te sera donné. (38)


Veillez donc avec un
'gemüt' vigilant et des yeux ouverts. (77)