Retourné de fond en comble



Quand l'homme entre dans cette maison et y cherche Dieu, il la bouleverse de fond en comble. Et puis c'est Dieu qui le cherche. Lui aussi met tout sens dessus dessous dans cette maison. (37)


Voici en quoi consiste le bouleversement de la maison et l'action par laquelle Dieu cherche l'homme. Lorsque Dieu vient dans cette maison, dans ce fond intérieur, tout est renversé comme si on ne l'avait jamais eu en soi.
On va de bouleversement en bouleversement. (37)


En ce
bouleversement, l'homme qui peut se laisser faire est élevé bien plus haut que là où le conduiraient toutes les œuvres, les pratiques ou les bonnes résolutions qu’on peut imaginer. (37)


Mais
quand la poussée intérieure se produit, quand elle se fait vraiment sentir, bien qu'avec plus ou moins de force, j'ai vu nombre de personnes qui, plus de cent fois, en sont venues au point de croire qu'elles allaient rendre l'âme en cet instant. (56)


Que signifie donc cette agitation si ce n'est que le Saint Esprit descend d'en haut dans l'homme,
vient toucher l'intérieur de l'homme et y provoque une grosse agitation si bien que l'intérieur de cet homme se trouve retourné au sens propre du mot et complètement changé ? (8)


Si le Seigneur veut descendre dans les hommes, il doit d'abord
envoyer une grande agitation qui bouleverse tout ce qui est en eux. Malheureusement il n'y a pas beaucoup de ces hommes-là. En voici la cause: ils se cramponnent aux choses temporelles et demeurent dans cet attachement. (56)


Dans ce bouleversement,
les rochers sont soulevés plus haut encore. Et s'il reste dans la nature quelque chose qui ne soit pas encore pénétré de Dieu, cette épreuve achève sa complète purification. (52)


Mais savez-vous ce qu'est la suite d'une telle mort? C'est merveilleux. Mes enfants, quelqu'un serait-il aussi pur qu'au sortir du baptême, et n'aurait-il jamais commis de faute, s'il veut arriver au plus haut degré de la vivante vérité,
il doit pourtant passer par ce chemin mouvementé pour arriver à un parfait abandon. Sinon il reste sur place. (56)


Quand le Seigneur vient dans l'homme après toutes ces soudaines et fortes préparations qui lui ont causé tant d'agitation et tant de trouble, quand tout ce qui est dans la pauvre nature et dans l'esprit a été embrasé à un tel degré et qu'alors le Seigneur vient lui-même, ah! quelle merveille doit s'accomplir en cette âme! (56)


Sachez-le,
si Dieu ne soutenait pas la nature d'une façon surnaturelle, un homme, eut-il la force de cent hommes, ne pourrait jamais supporter, par ses propres forces, une telle joie et une telle merveille. Et pourtant cela ne dure qu'un instant. (56)


Mes enfants,
il est des gens qui ne peuvent pas supporter cette tension intérieure. Ils courent çà et là. Ils cherchent à trouver du repos au dehors, et n'en trouvent point. Ils devraient se livrer à l'épreuve et s'abandonner complètement à la souffrance. (56)


Que pensez-vous de ce qu'il en adviendra
au temps où se lèveront les grands vents impétueux, lorsque toutes choses se renverseront les unes sur les autres, lorsqu'arriveront les calamités pleines d'effroi et d'angoisse? (18)


Ne crains pas. Si la barque est solidement et fermement amarrée et ancrée, les vagues ne peuvent lui nuire. Tout cela finira bien. (41)


Quand tous les diables et tous les hommes seraient conjurés contre toi, plus ils t'attaqueraient, plus ils t'oppresseraient dans ta petite barque, plus haut se ferait ton ascension dans les hauteurs. (41)


Quoi qu'il arrive du dehors ou du dedans, laisse tout cela te torturer jusqu'au bout.
Ne cherche aucune consolation. Dieu te délivrera sûrement. Affranchis-toi donc de ce souci et confie-le lui entièrement. (41)


L'homme doit
se comporter absolument comme le paysan qui, en mars, a des greffes à faire. Quand il voit que le soleil commence à monter, il taille et émonde ses arbres. Il arrache les mauvaises herbes, retourne sa terre, et la creuse avec beaucoup de soin. (24)


Ainsi doit-on mettre une grande application à
se creuser soi-même, à entrer dans son fond pour voir ce qui ne va pas et à le retourner de fond en comble, à tailler ses arbres, c'est-à-dire ses sens extérieurs et ses facultés inférieures, et à extirper toute la mauvaise herbe. (24)


Ceci est l'héritage de ton bien-aimé, ceci est l'héritage qu'il a laissé à ses bien-aimés,
une âme pleine de Dieu et une nature pleine de souffrance. (56)