Immole le bouc et laisse vivre le fils



Il y en a qui martyrisent la pauvre chair et ne tuent pas la méchante clique cachée dans leur fond. Que t'a fait la pauvre chair? De tels hommes font comme s'ils voulaient s'ouvrir, avec leur tête, un passage à travers un mur. Tue le vice et non la chair. Immole le bouc et laisse vivre le fils! (75)


Bien des gens
tuent la nature, mais laissent vivre les défauts. (83)


Lorsqu'on a du bon vin on doit toujours
avoir un tonneau en bon état pour l'y conserver. De même une nature vraiment bonne et bien ordonnée fait un bon fond bien ordonné. (79)


Pourtant, mes chers enfants, celui qui ne peut pas remplir son tonneau du précieux vin de Chypre fera bien de le remplir de pierres et de cendres,
afin que son tonneau ne reste pas vide et sans emploi, de peur que le diable n'y entre. Mieux vaut alors réciter beaucoup de cinquantaines. (44)


Le vigneron s'en ira bientôt tailler dans sa vigne les pousses folles. S'il ne le faisait pas et s'il les laissait sur le bon bois, sa vigne ne donnerait qu'une méchante piquette. Ainsi doit faire l'homme noble. Il doit s'émonder lui-même de tout ce qui est désordre. (7)


Mais
retiens le couteau jusqu'à ce que tu aies vu ce que tu dois couper. Si le vigneron ne connaissant pas l'art de la taille, il couperait tout aussi bien le noble bois et il ruinerait le vignoble. Ainsi font certaines gens. Ils ne connaissent pas le métier. Ils laissent les vices, les mauvaises inclinations, dans le fond de la nature, taillant et rognant la pauvre nature elle-même. La nature en elle-même est bonne et noble. Que veux-tu y couper ? (7)