L’homme déiforme



Le troisième degré (de vie spirituelle) nous élève à un être déiforme, dans l'union de l'esprit créé avec l'esprit subsistant de Dieu. C'est ce qu'on peut appeler un véritable retournement. Il n'est pas croyable que ceux qui parviennent vraiment à ce point puissent jamais se séparer de Dieu. (40)


Quand notre Seigneur a ainsi bien préparé l'homme par cette insupportable oppression,
alors le Seigneur vient et porte cette âme au troisième degré. Là il lui enlève le voile qui lui couvrait les yeux et il lui découvre la vérité. (40)


Cet état ne vient pas des observances extérieures; elle
vient de la surabondance du débordement de la divinité inondant cet homme au point que son pauvre corps de limon ne le peut supporter. (41)


Mes enfants, en être arrivé là, en vérité, c'est avoir atteint les dernières profondeurs du véritable abaissement et de l'anéantissement, qui en vérité dépasse les sens et l'intelligence. Car
c'est ici qu'on a la connaissance la plus vraie de son propre néant. (40)


Là, l'esprit est si délicieusement entraîné, si totalement pénétré et inondé par la divinité,
tellement ravi en Dieu, que, dans cette unité de Dieu, il perd toute diversité. (43)


Car Dieu a tellement tiré cet homme en lui qu'il devient semblable à Dieu. Tout ce qui est en cet homme est imprégné et transformé d'une manière suressentielle.
C'est Dieu qui fait lui-même les œuvres de cet homme. Un tel homme peut être dit à juste titre déiforme. (41)


A ce moment se lève dans son éclat le soleil resplendissant qui le tire complètement de toute sa peine. Ici le Seigneur arrache vraiment l'homme à soi-même pour l'attirer en lui. Là il prend la revanche sur toute sa misère. Il est guéri de toutes ses blessures.
Dieu fait alors passer l'homme d'un mode de vie encore humain à un mode tout divin, de la détresse la plus complète à une sécurité divine. (40)


A ce degré, l'homme est tellement divinisé que
tout ce qu'il est et opère, c'est Dieu qui l'est et opère en lui. Il est si élevé au-dessus du mode d'être naturel, qu'il devient réellement par grâce ce que Dieu est essentiellement par nature. (40)