Nouveauté différentielle



Faites le tour de toutes les valeurs devenues pour nous fondamentales. D'où peut bien venir la graine qui les porte en germe ? Où ailleurs sont-elles pensables, ces valeurs ? En Inde ? En Chine ? En Egypte ? Dans la Grèce Antique ?


Une révolution des esprits

Elle n'a pas immédiatement une claire conscience d'elle-même. Elle ne se manifeste pas d'emblée de façon
explicite. Elle reste longtemps impliquée dans l'essentiel, à savoir la Foi nouvelle.

Nous l'avons fait tellement nôtre que nous risquons de ne plus voir, aujourd'hui, sa nouveauté révolutionnaire. Percevoir cette nouveauté implique, en effet, la capacité de s'abstraire de l'esprit `constitué' de notre temps pour communier à son esprit `constituant'. Un tel effort ne va pas sans intelligence.

Il est impossible, ici, d'analyser dans le détail toute l'étendue d'une telle révolution à la fois épistémologique et pragmatique. L'inévitable schématisme des propositions qui vont suivre doit suffire cependant pour en jauger la pertinence.


Dieu
Il ne fait
question qu'à l'homme. Le chimpanzé s'en moque. Il est athée. Mais qui est Dieu ? Cette question, déjà, voudrait l'englober dans sa compréhension. Mais Dieu n'est pas `com-préhensible' au sens où notre possibilité intellectuelle pourrait le saisir pour l'embrasser. Dieu reste irréductiblement le Tout-Autre. L'Alter absolu. Il englobe tout et n'est lui-même englobé par rien, même pas par notre raison.

L'Absolu
L'Absolu est non-totalisable. Il est en deçà et au-delà de toute définition. Il ne peut être enfermé dans aucune image ni aucun concept. Nos possibilités humaines sur Dieu restent béantes. Toute parole sur Dieu est d'abord fausse. Elle doit en quelque sorte se vider pour entrevoir la vérité sur Lui.

L'Etre
L'être n'est plus enfermé dans la nécessité d'un neutre `il y a' immense, éternel, immuable, parfait, nécessaire. L'être ad-vient comme
événement et comme avènement. Il ex-siste scandaleusement dans la rupture. Sa contingence l'ex-pose à l'altérité d'un `Je Suis'.

La création
L'affirmation de la création est d'emblée l'affirmation la plus énorme et la plus scandaleuse face à la raison païenne. Penser la création n'est en effet pas possible en continuité. Entre Dieu et le monde il n'y a aucun lien logique de nécessité. La création est en rupture. Elle est à partir d'un
acte. Poïèsis originelle d'Agapè. Cet acte gratuit et libre la pose dans l'existence à partir de rien. Elle est donc contingente ce qui veut dire qu'elle 'flotte' en quelque sorte gratuitement dans la facticité.

La totalité
La totalité `réelle' déborde infiniment la totalité `pensée'. La pensée ne l'englobe pas mais se trouve englobée par elle. L'impensable peut devenir réel. La contingence de l'événement est humour, parfois ironie.

L'origine
Le temps chrétien est temps des radicales origines et des absolues nouveautés. Sans conditionnements préalables. Sans conditions de possibilités. A partir de rien. Temps de la création. Instauré par l'acte créateur et dimension du créé. Temps qui commence avec lui-même sans temps préalable. Temps qui finit avec lui-même sans temps succédant. Entre Alpha et Oméga. Englobé dans l'éternité.
Tes années sont comme un seul jour, s'exclame saint Augustin au Livre XI des Confessions. Ton jour est un aujourd'hui... Ton aujourd'hui, c'est l'éternité.

Le temps des acheminements
Ce temps est le temps des acheminements et des achèvements. Et donc des commencements pas forcément parfaits. La création tout entière crie sa souffrance. Elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. (Romains 8,22) L'homme n'est pas parfait par construction; il est capable de perfection. Il est créé inachevé pour qu'à travers le temps, il continue en liberté sa création.

Le cosmos
Le cosmos n'est pas l'Absolu. Il n'est pas non plus une émanation de l'Absolu ou une parcelle du divin. Il est
création. Il n'est donc ni divin, ni éternel, ni impérissable. Le monde n'est pas nécessaire à Dieu. La raison de la création est gratuite déraison. Dieu crée par débordement de bonté où tout 'pourquoi' ne peut finalement que se dissoudre en Agapè.

La possibilité scientifique et technique
Le cosmos rationnel des Grecs, par exemple, ne pourra devenir scientifiquement articulable, désarticulable et réarticulable que lorsqu'il ne sera plus absolu ni divin en lui-même mais, comme l'affirme avec force la raison chrétienne, créé, créé par un Dieu Tout-Autre, c'est-à-dire créé
contingent, d'un autre ordre, créé essentiellement différent de Dieu, restant parfaitement rationnel mais devenant en même temps monde de l'homme, livré à la libre entreprise de l'homme qui peut désormais explorer systématiquement l'univers et dont le domaine du possible, science et technique, s'ouvre à l'infini. Cette science et cette technique ne pourront réellement devenir progrès que lorsque le temps, sans refuser la rationalité, ne sera plus cercle fermé mais, selon la nouveauté judéo-chrétienne, ligne ouverte indéfiniment en avant d'elle-même, donc le temps décisif de l'histoire et le temps de l'audace pour l'homme qui, loin d'être prisonnier de l'ordre nécessaire, est désormais capable d'instaurer son ordre à lui et de rêver de devenir, comme le dira Descartes, maître et possesseur de la nature.

Le monde
Lorsque Saint Jean ou Saint Paul parlent du `monde' et de la `chair' de façon péjorative, il ne s'agit jamais du monde au sens de `cosmos' ni de la chair au sens de `corporéité', créations excellentes d'Agapè ! Il s'agit alors en quelque sorte de leur envers; le désordre, ou plus exactement un ordre qui n'est plus l'ordre. Une sorte d'entropie que produit le péché. En lui-même, en tant que création de Dieu, le monde ne peut être que bon. Dieu aime le monde des humains. Il l'aime tellement qu'il lui donne son Fils.

Le temps
Le temps païen est le temps de l'éternel retour. Il épouse la courbure de la nécessité sphérique du cosmos et du logos. Il se boucle dans l'équilibre et l'harmonie. Il se dissout en quelque sorte dans l'éternité. Le temps chrétien est réellement temps. Vecteur irréductiblement irréversible avec une suite infinie de `maintenant' uniques et décisifs. Il est histoire. Il ouvre à l'aventure et au risque. L'un est sous le signe de la continuité; l'autre sous le signe de la rupture.

Rupture de l'éternel retour
L'ouverture de l'histoire brise le cercle de l'éternel retour et la cyclique sécurité du destin. Le temps n'est plus nécessité; il s'ouvre irréversiblement à l'ad-venir de gratuité et souvent déroutante nouveauté; il ouvre un espace de création et de liberté. L'historicité chrétienne n'est pas au rouet ni livrée au tragique du destin. Elle ne vise pas à annuler le temps. Elle ne conspire pas à sa propre négation.

L'homme
L'homme est
créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Gigantesque affirmation du début du Livre de la Genèse (1,26) ! L'homme glorifié aujourd'hui, qui est-il ? Est-ce l'homme païen piégé par le cosmos, le fatum, la cité, les dieux, l'éternel retour... ? N'est-ce pas plutôt l'homme tel qu'en lui-même révélé surhumain par grâce ? L'homme divin. Fils de Dieu. Tellement fils qu'il peut prendre la liberté, justement, en son âge `adolescent', de s'opposer au Père. Libre de courir son aventure. Dans un espace-temps qui rompt les cercles et se libère des idoles, livré au possible à l'infini de la libre entreprise humaine.

L'homme passe l'homme
L'homme est un animal vertical. L'homme n'est pas en continuité avec la nature. Il est en rupture. Il relève d'un autre ordre que les autres vivants de l'univers. L'homme n'est pas enfant naturel de la nature mais fils de Dieu. Créé à l'image e à la ressemblance de Dieu. Fils du Père. Fils de la liberté. Fils de la gratuité. Fils de la démesure. Fils d'Agapè. Fils de l'Alliance.

L'homme divin
L'homme est selon Saint Grégoire de Nazianze un 'zoôn theoumenon' (un animal divin). Il existe dans l'appel infini de l'Autre. Dieu le crée en pensant au Christ. L'homme est la révélation de Dieu.
La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant. (Saint Irénée). En Christ, Dieu se fait homme pour que l'homme puisse être fait Dieu.

La personne
Alors que l'individu ne représente qu'un sous-multiple intervertible d'une espèce naturelle, la personne est existence unique et irremplaçable, non pas abstraction de l'espèce mais concret absolu. L'individu est donné en clôture dans l'ordre de la nécessité. Il caresse les déterminismes. La personne se donne dans ouverture de l'ordre de la gratuité. Elle surgit en nouvelle autonomie. L'individu consiste comme élément structural d'une masse. La personne ex-siste dans la liberté d'une communion. L'un est définissable, étiquetable. L'autre fait sauter toutes les étiquettes. L'un se répète dans la tautologie naturaliste. L'autre se dit de façon toujours nouvelle. L'individu a telle ou telle valeur. La personne n'a pas de prix. L'un se jauge par rapport à des valeurs préexistantes qui se ramènent finalement à l'utile. L'autre transcende toute utilité et décide elle-même de la valeur. L'un peut devenir objet manipulable. L'autre conteste les clôtures et proteste de sa radicale dissidence. L'individu cherche son point d'équilibre dans la sécurité du `milieu' et trouve son lieu dans l'immanence naturaliste. La personne est ouverture transcendante et se risque à la démesure des `extrêmes'. L'un est à lui-même sa propre fin. L'autre a des fins qui la dépassent. L'un simplement `est' et tend vers le plein être. L'autre n'est que dans le dépassement.

Les droits de l'homme
D'où, en effet, peut nous venir l'urgence des `droits de l'homme' sinon de là où règne l'absolue certitude que tout être humain, quelle que soit sa race, sa culture ou sa condition, est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu et né fils ou fille d'un même Père ?

La liberté de conscience
D'où l'homme sait-il que la voix de sa propre conscience droite doit toujours couvrir celle de toute autre autorité, fut-elle du Parti, de l'opinion publique, de l'Etat ou du Pape ?

La démocratie
Où chercher les sources de la `
démocratie' ? Chez les Grecs ? Mais qu'est cette `démocratie' auto proclamée qui ne fonctionne que par l'esclavage de la très grande majorité de la population ? La démocratie, par exemple ? On la croit grecque et païenne. On oublie qu'à Athènes la soi-disant `démocratie' ne fonctionnait que grâce aux 90% d'esclaves. Il faut être singulièrement `païen', en effet, pour se sentir à l'aise parmi les 10% restants !

La laïcité
D'où nous vient la `
laïcité' impensable en toute culture autre que celle issue de l'inter-fécondation avec le christianisme ? Elle n'est pensable et possible que là où sont affirmés des ordres radicalement différents et où peut régner cet impératif: `Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu'.

Historicité
L'histoire commence réellement avec la Bible. Avant elle ou à côté d'elle ce qui a pu s'appeler histoire ne pouvait signifier, en fait, qu'une `mémoire du passé' sous forme de chroniques, de chartes ou de traditions. Il était impossible qu'il y eût `histoire' en son vrai sens de `projet historique'. L'histoire ne peut commencer réellement qu'avec l'acte créateur de Dieu et son projet sur le monde et sur l'homme. L'histoire humaine ne peut commencer réellement qu'avec le projet humano-divin de l'Alliance.

Aventure et risque
Voici que se rompent les ataviques mécanismes de défense contre l'urgence temporelle. Voici qu'il faut affronter l'ancestrale peur humaine devant l'aventure et le risque. Voici que se brise le cercle sécurisant de l'éternel retour. Cela peut être exaltant. Cela ne peut manquer d'être en même temps infiniment angoissant. Désormais l'homme est devenu
responsable de son présent et de son avenir ! Et personne n'écrit plus l'histoire à sa place.

La liberté
Il n'y a pas de nécessité cosmique ou pré-cosmique. Il n'y a pas de fatalisme astral. Il y a la liberté historique. Le mal est création ex nihilo d'une liberté. C'est le diable qui se fait diable. Il n'y a pas de mal en dehors du péché. Le mal n'est donc pas destin mais mauvais dessein. Le mal n'est pas nécessaire. Si le mal était nécessaire, il aurait sa racine non seulement dans l'ordre nécessaire du créé mais encore dans la cause du créé, à savoir Dieu lui-même. Une nécessité s'imposerait à Dieu ! Or en Dieu il n'y a qu'un projet, c'est celui d'Agapè. L'unique projet de Dieu est le bien.

La foi
La geste d'Abraham commence avec le départ d'Ur en Chaldée. Il quitte une patrie avec sa religion au nom de la
foi. La foi n'est qu'à travers la critique de la religion. De toute `religion', spécialement celles de l'argent, celle du pouvoir, celle de l'Etat. L'homme, en effet, est un animal `naturellement' religieux. De fait, dans le monde de l'humain, la `religion' se manifeste à travers une incroyable diversité. Elle est omniprésente même là - et peut-être surtout là - où elle se refoule derrière d'autres étiquettes. Certes, la foi a dialectiquement besoin d'un point d'appui `religieux'. Dans le concret de l'expérience humaine, religion et foi peuvent se rencontrer. Prises en leur `essence', cependant, joue un rapport dialectique entre deux polarités en grande partie contraires.

Histoire
L'homme ose s'embarquer dans l'Histoire. Assumer l'Histoire. Créer l'Histoire. Et par elle se créer lui-même. Paradoxalement non dans l'in-sistance sur l'être mais dans le risque du non-être ouvert à l'autre être. Risquer l'aventure... L'intelligibilité de l'histoire est identiquement intelligibilité de l'homme. L'humain est ex-posé dans l'histoire. Il est en même temps fils de l'histoire. L'histoire propulse l'homme dans sa liberté. L'histoire est l'espace de son é-ducation, de sa culture, de son exode. Désormais c'est à l'homme d'écrire l'histoire des dieux ! Avec Dieu sans doute. Mais dans un rapport personnel qui laisse responsable l'autonomie humaine, et ouvre le risque. Tâche infiniment exaltante mais en même temps infiniment angoissante. La grande peur humaine principiellement vaincue. Mais l'angoisse exacerbée. Les mécanismes de défense brisés. Le cercle fatal rompu. L'homme est pro-voqué par l'Autre. Vers l'Autre. L'en-avant de la Terre Promise. A travers la rupture de l'Exode.

Aventure et risque
Dieu écrit droit avec des lignes brisées. (Saint Augustin). L'histoire est ouverte. Le temps historique n'est pas prisonnier du cycle naturaliste. L'histoire ne se réduit pas à une `histoire' simplement `naturelle'. L'histoire est création originale. L'histoire est aventure d'humanisation. Non pas destin mais dessein et destinée. La temporalité historique n'est pas totalisable. L'histoire reste `croix' de toute philosophie de l'histoire. L'histoire ne peut réellement prendre sens que dans sa tension avec une transhistoire. L'histoire reste mystère. En même temps elle `donne' sens. Et ce sens se dévoile à l'homme dans la mesure où il s'ouvre sur le dessein de Dieu, et qu'il se fait partenaire d'une Alliance avec `Je suis'.

Démesure
Pour les Grecs, la mesure est un absolu. Elle s'identifie en quelque sorte avec le logos, mesure du cosmos et de l'anthropos. L'hybris, la démesure, ne peut être que péché. Et même péché absolu. En tant que telle elle ne reste pas impunie. Elle porte en elle-même comme sa justice immanente. Elle `se paye'. Par nécessité. Pour l'Evangile, la mesure n'est que relative. Elle est en dépendance d'un vouloir et d'un `Je' personnel qui se révèle comme `agapè' avec sa radicale démesure. Toutes choses sont par création `ex nihilo', originellement posées comme `être' par Agapè. Créée à l'image et à la ressemblance de Dieu, la liberté humaine est béante sur la radicale démesure.

Agapè christique
Le Christ n'est à la mesure de rien. Il est lui-même la mesure de toutes choses. Et en même temps la démesure de toutes choses. Son agapè n'est pas à la mesure d'éros. La miséricorde et le pardon ne sont mesurés par rien d'autre que par eux-mêmes, c'est-à-dire par leur démesure. Le Christ meurt librement. Sa mort n'est pas `nécessaire' pour sauver l'homme. La croix du Christ est la `croix' de toute mesure. Péché et grâce jouent à la démesure d'Agapè.

Le mal
Le mal qui n'est ni dieu, ni monde, ni matière, ni substance. Le mal n'est pas `être'. Il est non-être. Manque. Absence. Privation. Il ne peut donc exister en soi. En soi le mal est simple corruption. S'il engendre, c'est par l'entremise du bien. En tant que mal, il n'est ni être ni producteur d'être... Les démons eux-mêmes ne sont pas naturellement mauvais, comme l'exprime le Pseudo-Denys. Le mal n'a pas de `nature' ! Rien n'est donc mauvais `naturellement'.

Optimisme radical
Et finalement un optimisme radical, insensé. Même du mal Dieu peut faire surgir du bien. O felix culpa ! Même du mal Dieu peut faire surgir du bien. Et quel bien ! La Rédemption. La démesure d'Agapè est à la démesure du péché. Si le péché n'est pas, la rédemption n'est pas !

Résurrection
Pour le chrétien, la puissance de l'Esprit se moque, comme dit Origène, des grossières spéculations matérialistes. L'âme n'est pas de soi immortelle. L'homme a été créé mortel, en son corps et en son âme. En même temps il a été créé avec la capacité d'immortalité. La résurrection signifie nouveau surgissement radical à travers une rupture. Nouvelle création. Elle signifie aussi rupture de tous les cercles vicieux de la nécessité logique, des lois de la nature, des systèmes, des blocages, de la violence, des déterminismes... Elle signifie ouverture du sens, de l'histoire, de l'avenir... L'immortalité est en continuité. La résurrection est en rupture. L'immortalité laisse mourir le corps pour garantir la survie de l' `âme'. La résurrection fait mourir l'homme tout entier pour le faire ressusciter tout entier. L'immortalité païenne est par nature. La résurrection chrétienne est par grâce. Eros a horreur de trouver dignes d'éternité les corps voués à la pourriture. Seul Agapè peut dire avec Saint Paul:
On sème de la corruption, il ressuscite de l'incorruption; on sème de l'ignominie, il ressuscite de la gloire; on sème de la faiblesse, il ressuscite de la force; on sème un corps animal, il ressuscite un corps spirituel. (I Corinthiens.15,42-44).