Projet |
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En quête de l'humain |
Homme, qui es-tu ? D’où viens-tu ? Où vas-tu
? Ces questions de toujours risquent aujourd’hui de disparaître derrière les coulisses.
Face au questionnement sur la vérité de l’homme, l’indifférence se veut sagesse. Et nombreux sont les refoulements qui jouent d’alibi. Les certitudes de la caverne de
nos enfermements ne sont-elles pas faites pour nous garder de cette inquiétude qu’engendre inévitablement l’infinie question sur notre condition
?
En d’autres temps la caverne était sans doute plus dépouillée et la sortie pouvait
être plus aisée. Aujourd’hui son encombrement est tel que toute issue semble bouchée. Tant est grande l’inflation du même dont la masse occulte l’autre. Quelle gonflement, en effet, de productions matérielles et intellectuelles
! Produits usinés. Gadgets innombrables. Pléthore d’œuvres littéraires ou cinématographiques. Masse d’informations. Pullulement d’opinions et d’idéologies. Une production exponentielle qui suffit, hélas, à distraire exponentiellement.
Dans notre caverne, le virtuel prend
de plus en plus la place du réel. Conséquence de la grande dérive idéaliste de notre modernité, lorsque le ‘réel’ n’est plus que le ‘réel-pour-moi’. Dans les limites de mon approche, de ma sensibilité ou de ma compréhension. Alors devient grand le risque de désespérer d’un réel-réel en même temps que d’une possible vérité en soi. Mais si l’homme n’est finalement plus que le reflet de lui-même, que devient le questionnement sur un tel être fantomatique?
En ce règne de la cacophonie
cavernale
les prisonniers
ne savent littéralement plus ‘à quel saint se vouer’. Pourrait-il en être autrement lorsque débattent les ombres et que se mettent à flotter les critères de distinction et de discernement? Cet univers de la relativité absolue nécessite d’urgence un référentiel.
Notre démarche ne va donc pas sans aussi penser ‘contre’. Dialectiquement. Contre les enfermements de la caverne. Contre les gourous du Discours dominant. Contre les Maîtres penseurs de l’absurde. Contre les modes. Contre les bigoteries de gauche ou de droite. Contre le ‘correct’ sous toutes ses formes... C’est dire que notre approche se veut être en même temps provocatrice. Dans le souffle pro-vocateur de l’Esprit.
Homme, qui es-tu? D’où viens-tu? Où vas-tu? Notre projet part de ce questionnement sur la vérité de l’homme et veut
y retourner, porté par l’inquiétude, c’est-à-dire la non-quiétude, qu’il génère et entretient. Il s’agit d’une anthropologie chrétienne. Au sens le plus large.
Où ailleurs le questionnement sur l’homme pourrait-il prendre une plus grande pertinence qu’en l’espace chrétien où la certitude essentielle se dit: Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse être fait divin...
?
Une objection peut se présenter. Peut-on philosopher à partir de la foi ? Mais déjà il ne s’agit pas d’un ‘à partir de’. Il s’agit d’un ‘dedans’. Il s’agit de penser dans la foi. Comme dans
un espace du sens. Comme englobé en un plus grand englobant. Donnez un seul exemple où un penseur pense dans le vide absolu. On pense toujours à l’intérieur d’un englobant. Si ultimement n’est pas un Dieu personnel, cet englobant sera l’absolu ‘Il y a’ neutre, ou bien la Raison, ou le Hasard, ou la Nécessité, ou la Nature, ou la Matière, ou l’Humanité, ou le Néant... Invariablement
avec des Majuscules!
L’homme n’est pas seulement fils de l’actualité. Il est aussi enfant de l’éternité. Confondant le ‘progrès’ de l’humain avec celui, matériel et matérialiste, d’un accroissement simplement quantitatif et d’une fuite en avant, on perd de vue l’humain authentique qui, en arrière, se fraye son chemin le long des siècles. Il faut aussi savoir respirer le grand souffle qui traverse l’humain depuis toujours.
L’humour enfin. L’humour sans cesse. C’est-à-dire cette immense liberté qui sait lire entre les lignes. Entre toutes les lignes.
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Notre présence sur internet |
Meta-noia
Anthropologie chrétienne
Pro-vocateur
Penser autrement
Jubilatio
La dimension jubilante de l'existence chrétienne
Alter-X
Les enfants du Tout-Alter
Jalons
Sur la piste vers l'humain
Bouddha et Christ
Johan Tauler
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Question de méthode |
Notre approche n'est pas des plus aisées. Les difficultés tiennent certes au contenu lui-même ainsi qu'aux perspectives propres à l'auteur. Mais c'est sans doute la méthode qui peut dérouter. Quelques précisions s'imposent.
L'ouvert
La mode, aujourd'hui, est aux parti-pris qui se barricadent dans leurs chapelles derrière les étiquettes de leurs idéologies. Notre projet se veut radicalement 'hors de'. Hors des sacristies quelles qu'elles soient. Se risquant dans le vaste monde de l'esprit. De l'Esprit ! Cette exigence de sortie va affecter jusqu'à l'expression elle-même qui ne craint pas de faire éclater les mots pour communier à leur dynamique créationnelle. Les concepts n'ont pas de valeur en eux-mêmes. Ils sont outils au service de l'élucidation du concret. Et, grâce à leur nécessaire abstraction, outils universels.
Contre la philosophie du boutiquier
Le boutiquier ajoute ou retire tel 'produit' sur son étagère pour l'additionner ou le soustraire dans sa comptabilité. En prenant un soin jaloux de ne surtout pas se tromper d'étiquette ! Ce positivisme de la boutique gère les ingrédients tenus en stock comme s'ils se suffisaient à eux-mêmes, ne considérant le reste qu'en fonction des calculs de cette gestion.
Généraliste
Dans la profusion de notre monde surencombré, mille et mille domaines, de plus en plus 'pointus', accaparent le chercheur qui fait, chacun, son trou ou creuse sa galerie. Ainsi prolifèrent les ‘spécialistes’ dans la surabondance de leurs analyses et de leurs distinguos de plus en plus subtils. Cependant que les arbres risquent de cacher la forêt et que se perdent les fils conducteurs. Et le sens. Et surtout le sens du sens. Face à cette carence de synthèse notre propos sera celui d'un 'généraliste'.
Ensembles
Les esprits sont de deux types. En visitant une cathédrale, les uns commencent par se précipiter sur telle sculpture ou tel pan de vitrail. Les autres, avant toutes choses, ont besoin de se laisser 'saisir' par l'ensemble de l'espace et des volumes. Une multitude de parties dispersées, si riches soient-elles, laisse le sens en suspens. C’est le ‘tout’ qui rend raison et donne sens à la ‘partie’. D'où, dans nos textes, un retour incessant vers un plan d'ensemble, et de là vers un plan
plus général.
Systémique
On peut comprendre le tout sans nécessairement comprendre les éléments de ce tout. Il est ainsi possible de mettre entre parenthèses les `contenus'. Embrasser le tout de la complexité avec ses interactions multiples avec le vaste monde englobant appelle un nouvel outil d'intelligibilité. Il s'appelle systémique. Il s'agit de ne pas confondre `systémique' avec `systématique' ! L'approche systémique ne porte pas sur les contenus mais sur le contenant, à savoir un espace dynamique avec ses entrées et ses sorties. Cette approche est d'une extraordinaire fécondité. Elle est centrée sur le `tout' dont l'intelligence précède et conditionne celle de la partie. La partie se comprend dans et à partir de ce tout sans qu'il soit nécessaire de comprendre sa complexité interne. Il suffit, en effet, de la traiter comme une `boîte noire'. Le terme dit sa `mystérieuse' complexité. Il dit aussi que cette `boîte' peut rester obscure sans pour autant empêcher l'intelligence du `tout' plus large qui le porte et l'englobe. Ce tout englobant dont il s'agit de connaître avec la plus grande rigueur la fonction, les entrées et les sorties. A chaque niveau systémique, il y a ainsi une entrée et une sortie en liaison interactive avec les entrées et les sorties des autres systèmes, englobés et englobants, pour l'incessant échange des flux...
Architecture
Ne pas simplement juxtaposer mais intégrer une multiple diversité. Celle-ci reste dispersion à moins de se construire en un tout cohérent. Notre projet sera de l'ordre architectural. La spatialité y joue donc un rôle essentiel, cet 'espace' sans lequel il n'y a ni temps ni mouvement. Nos concepts reviennent ainsi sans cesse à leur 'terre' natale que les étymologies ne quittent jamais. Comme si l'activité humaine la plus 'spirituelle' restait collée à son activité essentiellement manuelle qui est de structurer dans l'espace, de construire un monde. Comprendre en construisant... Notre fréquent recours aux schémas et aux graphiques trouve sa raison dans ce lien originaire. Il en va de même en ce qui concerne nos concepts essentiels.
Intelligibilité différentielle
Nous procédons souvent par opposition d'antinomies. Elles ne sont pas pour dichotomiser le réel et le fixer en
dualisme. En dégageant les significations antinomiques on veut essentiellement
dégager un espace. Un espace de tension
dialectique
entre polarités
antithétiques ou
concepts-polaires
au service d'une
typologie différentielle créatrice, dialectiquement, d'intelligibilité. Il ne
peut, en effet, y avoir d'intelligibilité qu'à travers la différence. Ces
polarités ou concepts qui se répondent en s'opposant ne sont pas des étiquettes
couvrant des contenus fixes et définis. Il s'agit plutôt de concepts ouverts qui
visent au-delà vers une 'essence' qui se précise progressivement. Dès lors l'essence se
révèle non pas de chaque côté où les termes sont marqués dans leur exclusive,
mais entre les deux. Une 'essence' à la fois très lointaine et tout proche qui
joue à cache-cache et qui invite à jouer avec elle.