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Tauler, Sermon II pour l’Ascension
Avant sa quarantième année...
Quoi que l’homme fasse, qu’il s’y prenne comme il voudra, jamais il n’arrivera à la vraie paix, il ne sera jamais un homme vraiment céleste, avant qu’il n’ait atteint sa quarantième année. Avant cet âge il y a tant de choses qui occupent l’homme ! La nature le pousse tantôt ici et tantôt là de tant de manières différentes. Fréquemment c’est la nature qui règne ici alors qu’on pense que c’est Dieu. L’homme ne peut donc pas arriver à la paix véritable et parfaite, il ne peut pas devenir un homme pleinement céleste avant le temps.
Après la cinquantaine...
Il faut encore dix ans, il faut que l’homme arrive à la cinquantaine, avant que lui soit donné, de la plus haute et la plus noble façon, le saint Esprit qui lui enseigne toute vérité. En ces dix ans, si l’homme est arrivé à une vie divine et si la nature est vaincue, il arrivera à se recueillir, à se plonger, à se fondre dans ce bien intérieur tout pur, tout divin, tout simple. La noble étincelle intérieure retourne là en un mouvement de reflux correspondant à celui de son originaire jaillissement.
L’homme devient un homme divin.
Où ce reflux s’accomplit de façon parfaite, toute dette est complètement acquittée, oui, même si elle égalait celle de tous les hommes qui ont vécu depuis le commencement du monde. Toute grâce et toute félicité sont en même temps infusées. L’homme devient un homme divin. Ce sont là les piliers du monde et de la sainte Eglise.